
« C’est bon tu as pris des photos ? » « Ok, alors ranges l’appareil dans le sac parce que j’entends les rapides maintenant » « Bon on le prend à gauche ou à droite celui-là ? J’arrive pas à voir le courant principal ! On prend à droite on verra bien. Attend un peu, encore un peu...MAINTENANT !, allez allez allez ! » « Bon on a pris l’eau alors je nous mets sur le bord pour écoper un peu ».
Voilà une situation qui a fait partie de notre quotidien durant 5 journées pour la traversée du Whanganui National Park. Impossible d’accéder au cœur de cette géante forêt native autrement que par la Whanganui River. C’est donc en pleine nature, à l’écart de toute civilisation, que nous avons effectué 145 km sur la rivière Whanganui à bord d’un canoë canadien.
Jour 0 : Après le Tongariro Northern Circuit que j’ai effectué tout seul, la Whanganui Journey est le second « Great Walk » que l’on s’apprête à faire ensemble. Le park national est situé au Sud Ouest de l’île du Nord. Hamilton étant très bien placé géographiquement pour visiter les 4 coins de North Island, il nous faudra seulement 2h de route pour se rendre au point de départ. La rivière Whanganui qui prend sa source depuis le plateau du Tongariro National Park a érodé les terres, veilles de seulement 1 million d’année, jusqu’à la mer de Tasmanie. Ainsi avec le temps, le parc Whanganui est devenu un immense bush (forêt native) qui enferme en son cœur gorges, falaises et autre waterfalls. (Non Fred gorge bush je l’ai déjà faite). Le track consiste donc à emprunter cette rivière sur 145km depuis Taumarunui jusqu’à Pipiriki. Comme à chacune des randonnées, on passe pas mal de temps à étudier la difficulté, les cartes, la météo, etc. Pour cette rando, je dois avouer que ce n’est pas facile du tout de trouver les bons renseignements. Il faut prendre en compte toutes les infos sur les risques potentiels mais sans tomber dans l’excès où l’on peut lire parfois qu’il faut être un professionnel expérimenté pour faire une marche d’une heure sur sentier plat. Mais cette fois-ci, la rando n’est pas sur sentier mais sur un canoë et sur pratiquement tout les sites internet je peux lire qu’il vaut mieux payer un guide car il y a des tronçons avec des rapides assez dangereux au début et à la fin du track. La location du canoë étant très chère ici, se payer un guide est tout simplement impossible pour notre budget (500euro/pers). Fort de notre expérience sur l’Orb, l’Hérault et l’Ardèche, on prend la décision de partir tout seul. Nous nous rendons donc la veille du départ à Taumarunui, chez le loueur de canoë qui nous a gentiment proposé son terrain pour que l’on puisse y planter notre tente.
Jour 1 : On se réveille excité, remonté à 100% à l’idée de savoir ce qui nous attend. On fait la connaissance de Nora qui se surnomme Noa parce qu’on ne peu pas prononcer le « r » en anglais. C’est un allemand de 21ans qui fera la descente de la rivière à nos côté. On nous propose un café que l’on déguste face à l’immense baie vitrée qui donne vue sur la rivière en contre bas et les prairies d’herbes vertes que vaches et moutons broutent à longueur de journée. Le temps est idéal, il fait chaud, le ciel est bleu, un matin bien calme, peut être trop à mon gout sachant que l’on à pas moins de 5 heures de routes pour faire les 36 premiers km qui nous séparent de notre premier campement. Mais personne ne s’affaire à la tâche, alors on prend notre temps, tout simplement. On nous conseille de choisir un canoë canadien (ouvert) qui est plus lourd mais qui transportera une charge plus importante d’affaires. Minutieusement on répartie les charges de nos sac de couchage, tente et matelas ; vêtements de rechange, appareil photos et objectifs et enfin de nos rations de nourritures, d’eau et tout l’équipement de cuisine et de survie dans 5 barils étanches. Ensuite c’est réunion ! Là les choses sérieuses commencent. Le responsable nous fait un débriefing non pas sur comment utiliser un canoë mais comment aborder les plus gros rapides. Il nous sort tout un tas de cartes très détaillées sur le moindre courant de la rivière avec tous les rapides et les photos associées. La discussion devient très technique, vous devez prendre ce rapide sur la droite, avec tel angle, ramez fort à gauche juste après le rocher, etc. Avec cette tournure des évènements, ce serait logique d’appréhender un peu, de se dire que finalement un guide… Mais à ce moment de la matinée, j’écoutais plus du tous le type qui me saoulait avec toutes ces explications que je comprenais qu’à moitié. J’avais le sang qui bouillait dans mes veines et la seule chose que je voulais c’étais de me jeter sur le canoë et de ramer de toute mes forces pour arriver le plus vite possible dans le bush au milieu de la nature et c’est pas 3 remous qui allaient m’en empêcher. Après son interminable discours, on se lança enfin sur la rivière à midi, dans un canoë que l’on ne connaissait pas du tout, qui penchait sérieusement sur les côtés au moindre mouvement, et surtout avec 5 heures à ramer devant nous. Après quelques minutes passées à trouver la bonne position dans le « siège » et la façon de tenir la pagaie je me rends compte que notre embarcation avance à bonne allure. Le courant est assez fort et propulse facilement le canoë et la centaine de kg d’équipement que l’on transporte avec nous. On n’a pas le temps de vraiment se fatiguer à la rame que déjà le premier rapide pointe le bout de son nez. Comme tous les rapides, on entend d’abord son grondement, puis on distingue à l’horizon le combat qui fait rage entre les imposants rocks bien encrés dans le sol et les tonnes d’eau qui s’abattent sur eux chaque seconde dégageant une écume blanchâtre. Alors on s’arrête de ramer un instant pour mieux apprécier la trajectoire à prendre. Le canoë accélère inévitablement, lui aussi prêt à en découdre. Un instant encore pour ne pas gaspiller nos forces trop tôt, puis on lâche d’un coup toute l’énergie qu’il nous reste pour faire avancer le canoë encore plus vite que le courant, en évitant les rochers dissimulés dans les remous, en évitant aussi de se faire emporter l’arrière par les pools tourbillonnantes qui se trouvent généralement juste après. Les rapides de cette première journées censés être difficiles nous rassurent et ne nous fond pas regretter de ne pas avoir pris de guide. L’expérience que l’on a avec Sandra sur plusieurs km de canoë ensemble nous aide beaucoup dans la façon d’aborder chacun des rapides. Ce que l’on ne maitrise pas encore c’est ce canoë canadien. Résultat, à chaque « gros » rapide, on prend au moins une bonne vague qui nous oblige à écoper la bonne 50aine de litre d’eau qui s’est invitée à bord. Entre 2 rapides, on profite du paysage, on n’est pas encore entré dans le bush, ce sont plutôt de vastes vallées d’herbes vertes qui bordent la rivière. Les vaches nous regardent passer comme si c’était la première fois qu’elles voyaient un tronc d’arbre rouge à la dérive avec des lunettes de soleil. Les chèvres jouent les acrobates pour attraper la dernière feuille au bout d’une brindille à 10mètre de hauteur qui est sûrement meilleures que la tonne d’herbe qu’elles ont à leurs pieds. Et les fantails (oiseau à queue en forme d’éventail) nous passent à quelque centimètre intéressés d’avantage par la masse de moustiques que l’on déplace que par l’envie de se faire prendre en photo. On arrive finalement sans trop de peine à Poukaria, où l’on installe notre campement. Nous sommes seuls avec Noa. Lui s’affaire à allumer un feu avec des troncs mouillés de fougères pour ne pas gaspiller son gaz, pendant que nous dégustions nos smirnoff et quelque fruit sec en guise d’apéritif. Des nouilles chinoises rapides à faire cuire seront au menu pour ce soir avant de rentrer dans nos sacs de couchage et de s’endormir avec le chant des hiboux.
La whanganui River au départ de la rando
Notre ami Noa sur son Kayak
Après le premier rapide on doit déjà écoper !
La voiture, signe que notre premier campement n'est pas loin
Premier campement
Jour 2 : Au petit matin dans la tente, on rassemble nos affaires avant de dézipper la toile et de découvrir un univers complètement figé, pris au piège par la brume. Le brouillard épais masque la cime des arbres, les oiseaux ne chantent pas, excepté les Tuis avec leurs 2 plumes blanches caractéristiques au niveau du cou. Pour l’heure, pas question de se mettre à l’eau, on voit à peine à quelque mètre le premier virage sur la rivière puis plus rien. L’occasion de se réchauffer avec un café et de prendre quelques clichés des toiles d’araignées parées de milliers de gouttelettes de la rosée du matin. Le temps seulement d’enfermer nos affaires dans les bidons et déjà la brume se dissipe. Le programme prévu pour cette journée est vraiment tranquille. 21km sans difficultés particulières. Cela nous laissera le temps pour s’arrêter à la moindre occasion pour faire 2 ou 3 photos ou se laisser aller à la force du courant. Et justement le courant aujourd’hui a particulièrement de la force. Je me souviens qu’en envisageant de faire ces 145km de canoë je repensais à la fois où avec Sandra nous avions fait 32km en une journée sur l’Ardèche. Ce fût un bon souvenir pour les yeux mais pas du tout pour les organismes. On en a particulièrement souffert ce jour là avec absolument aucun courant et on s’était promis que plus jamais nous ne referions une chose pareille. Et nous voilà pourtant sur un chemin de 145km avec donc en moyenne 30km à faire chaque jour ! Mais aujourd’hui le courant est fort, pas besoin de ramer, juste quelque coup à gauche ou à droite pour rester droit, de tout repos. Noa qui s’est retourné je ne sais pas comment à pu retrouver la rive que 100 mètres plus loin en nageant comme un fou. Quand à moi, en voulant lui venir en aide je me suis retrouvé avec son kayak en travers, l’eau qui s’infiltrait dedans, le tout qui me comprimait le torse et les jambes. La force que le courant peut avoir est inimaginable. Avec beaucoup de temps devant nous, on en profite pour explorer les moindres recoins de la rivière, admirer toute la végétation sauvage et essayer de reconnaitre les innombrables espèces d’oiseaux que l’on croise. Nous n’avions jamais vu autant d’oiseau en si peu de temps depuis que nous sommes ici. Entre les Tuis, les Fantails mais aussi les Silvereyes qui ont leurs yeux entourés d’un anneau argenté, les Kawau-paka (Cormorants) qui balancent leur tête de gauche à droite lorsqu’on les approche, les Hérons à tête blanche, les Cygnes noirs, les Canards du Paradis, les Canards Bleue, les Cailles de Californie et leurs ravissantes plumes posées sur la tête qui ressemble à des soldats de l’armée romaine, les Pukeko sorte de poule bleu, les Martin-pêcheur et leurs couleurs bleu métal, les Hirondelles qui rasent l’eau , des couples de Rapaces et même des Perroquets verts à couronne rouge, le spectacle est saisissant. Sur le chemin, on arrive à un moment donné à un petit cours d’eau qui part sur la gauche dans la roche qui s’ouvre pour former des gorges étroites. On entend au loin des masses d’eau qui tombent qui pourrait être le bruit d’une éventuelle cascade. Alors on essaye de faire demi-tour pour récupérer l’embranchement, on remonte à contre courant de toutes nos forces, on fait passer le canoë par-dessus un arbre mort en travers de notre route et on se retrouve derrière dans un environnement féérique. Quelque coup de pagaie et on aperçoit une belle chute d’eau qui se déverse dans une piscine à débordement naturelle. Emerveillé par tous ce que l’on est en train de voir, on s’arrête un peu plus loin pour une pose repas. Là encore l’endroit n’est pas choisit au hasard. La Ohura River rejoint notre Whanganui River pour donner naissance à de grosses cascades aussi belles qu’assourdissantes. Evidemment lorsque trop de bonnes choses arrivent en même temps, il fallait qu’on s’attende à ce que quelque chose nos tombe dessus. Ce quelque chose c’est un canoë qui transporte un couple de bipède précédé de leur guide qui n’on pas trouvé mieux que de s’arrêter au même endroit que le notre. Honnêtement c’est un phénomène que j’ai du mal à comprendre, il y a plusieurs 10aines de km de rivière avec des lieux tous aussi magiques les uns que les autres, et les gens se sentent seul ? Rassurer par notre présence ? Je ne sais pas, je ne comprends pas pourquoi ils se sentent obligé de se regrouper. Moi je cherche à les fuir justement. Pour me « venger » et quelque part extérioriser la colère que j’ai pu avoir à ce moment là, je me suis promis de diffuser un cliché de la guide qui est venue uriner à 200mètre de moi. Enfantin je sais mais ça me fais tellement rire ! La péripétie suivant de la journée a eu lieu lorsqu’on a vu au loin un gros rocher au milieu de la rivière. Pas de problème jusque là puisqu’on a l’habitude maintenant d’éviter toute sorte d’obstacle en travers de notre route, rochers, banc de sable au autre arbre mort. Cette fois on entend Noa s’écrier devant nous « Hooo It’s a cow !». Sur le moment on c’est dit que l’on ne comprenez rien parce qu’une cow (vache) au milieu de l’eau ?! Puis arrivé à bonne hauteur on comprit très vite qu’une pauvre vache s’était noyée. Elle avait gonflé comme un énorme ballon, mais surtout l’odeur nauséabonde qui se dégageait rendait l’air irrespirable sur plusieurs 100 aines de mètres. Laissant notre rivière Whanganui et remontant les eaux marron de la Retaruke River, nous sommes arrivés sans se fatiguer à Whakahoro notre second campsite. On a donc effectué notre seconde journée, et nous sommes à 57km. Ici la Oio Road se trouve être le dernier sentier qui veuille bien s’aventurer jusqu’ici. On se retrouve dans une grande ferme, où l’on plante la tente au milieu des moutons. La maison familiale qui fait aussi office de restaurant nous vend cake et café. La nuit tombe vite, on se prépare à manger à la frontale. Allonger dans mon sac de couchage je repense à la phrase que j’ai lu dans le descriptif du track « Une fois sur la rivière, à partir de Whakahoro, vous ne pouvez plus faire demi-tour et il n’y a pas d’endroit où acheter quoi que ce soit que vous ayez oublié »...
Le matin dans le brouillard







En haut des pools
Dédicace à la chère guide
Poor cow
Dernière habitation avant de rentrer dans le bush pour 3 jours
Jour 3 : Le programme de cette nouvelle journée n’est pas aussi décontracté que celui de la veille. Aujourd’hui on prévoit de faire 37,5 km sur un parcours avec très peu de rapides ce qui correspond à une journée de 7h à la rame. A bord du canoë, on regagne la Whanganui River et on quitte la dernière route. Devant nous, 3 jours et 100 km nous sépare de la route et du village le plus proche. Il est temps de redoubler de vigilance car à présent personne ne va nous porter secours si jamais on se tors une cheville ou pire…Dans les premiers km on voit le paysage se métamorphoser littéralement et on comprend déjà pourquoi aucune espèce humaine ne réside dans les parages. J’ai mis une photo satellite de la zone où nos avions passé la troisième nuit, je pense que l’image parle d’elle-même. Les vastes vallées qui bordaient la rivière jusqu’alors laissent place aux falaises qui se dressent de part et d’autre. La roche n’est pas mise à nue pour autant puisqu’elle est recouverte d’une épaisse couche de mousse verte. Les fougères arborescentes poussent sur le moindre cm2. L’eau qui est une denrée si rare ailleurs coule à profusion tout autour de nous. On la voit glisser par endroit sur les pentes raides, et tomber en fines gouttes le long de la végétation jusqu’à la rivière produisant des clapotis si agréables à entendre. Les cascades sont aussi nombreuses dans cette zone, parfois elles dévalent la roche jusqu’au milieu de la rivière, parfois on les devine au loin, plus en profondeur dans les failles. Quelle drôle de sensation de se retrouver là au milieu de nulle part. Pas de montre, téléphone portable ou ordinateur. On est coupé de tout. Mais coupé de quoi au fait ? N’est ce pas ce que l’on appelle civilisation qui est coupée de la réalité ? La réalité, elle est devant nous, et on l’admire sans aucune modération. Cependant on n’a pas le temps de trop philosopher car le courant qui nous portait si facilement la veille n’est plus du tout présent aujourd’hui. Les 37km ne se fond qu’à la force des bras, cherchant le moindre petit courant qui pourrait nous faire avancer plus vite. Les muscles commencent vraiment à nous chauffer, les trapèzes sont douloureux. Le vent se mêle à la partie. Malheureusement on ne l’a pas dans le dos, cela nous oblige à ramer encore plus pour éviter de repartir en arrière. Puis après 7 bonnes heures d’effort, on aperçoit enfin le panneau tant attendu «John Coll ». Voilà notre troisième campsite, à environ 94km de Taumarunui notre point de départ. On est samedi et il y a « du monde ». 7 canoës au total pour environ une 10 aine de personne. Oui on est loin du millier de personnes qui descendent l’Ardèche chaque jour en été mais on commence à devenir exigeant et puis on s’habitue à cette tranquillité si apaisante.
Vue satellite de la rivière. Notre troisième campement se trouve dans la première épingle après la grande ligne droite.
Jour 4 : On a pris l’habitude de partir entre 8h et 9h mais ce matin on a mit le réveil à 6h pour partir avant tout le monde et ainsi naviguer sans canoë à l’horizon. Difficile de sortir du duvet, il fait particulièrement froid aujourd’hui, tout notre équipement est trempé par l’humidité. Je renferme la tente totalement mouillée avec des gants car mes doigts sont engourdis. On garde nos pulls et coupe-vent pour se réchauffer mais on doit enfiler nos chaussures, mouillées elles-aussi, en faisant toute sorte de grimaces. L’eau de la rivière paraît très chaude comparée à nos corps gelés. On reprend notre chère Whanganui River qui ne nous donne toujours pas beaucoup de courant. On guette le Soleil impatiemment pour qu’il vienne nous réchauffer mais on voit tout juste la cime des arbres éclairée ce qui nous laisse facilement une heure encore à ramer dans l’ombre. Qu’importe, le froid s’oublie vite lorsqu’on profite de ce décor majestueux à la lueur du matin. Les nuages illuminés par les premiers rayons du Soleil prennent une multitude de couleurs qui viennent contraster avec la fine couche de brouillard opaque en suspension au dessus de l’eau. Les cigales ne chantent pas encore alors on entend plus aisément les battements d’ailes des canards qui passent au dessus de nos têtes, le bruit sourd de l’eau qui coule quelque part dans la roche et nos pagaies qui caressent la rivière. Ca y est, on aperçoit un petit bout de terre qui brule à la lumière du Soleil. On s’y arrête pour se faire un cappuccino et prendre des forces avec des barres de céréales. Aujourd’hui nous avons 29km à faire, mais nous sommes partis tôt alors nous avons le temps de profiter du paysage et même de s’arrêter en milieu de chemin pour faire une randonnée, mais pédestre cette fois-ci. Le chemin de seulement 1h30 aller-retour nous amène vers un pont nommé « Bridge to Nowhere » pour la raison qui semble évidente. Cela nous a permis de prendre un peu de hauteur et de voir la rivière se faufiler à travers le bush. Juste pour l’anecdote, nous avons croisé sur l’aller 4 personnes et nous étions certains de n’avoir vu qu’un seul canoë sur la rive ! Peut être qu’une personne avait mal attaché son embarcation ? En tout cas autant dire que nous avons fait le chemin inverse presque en courant car si une chose pareille devait m’arriver alors je n’hésiterai pas à prendre le canoë d’un autre (chacun pour soit dans la nature). Et là en l‘occurrence, le seul canoë de disponible était le notre. Mais ce fût une frayeur inutile, notre canoë canadien nous attendait paisiblement. Un autre arrêt plus loin et nous sautions sur des blocks géants tombés des falaises jusqu’à une nouvelle cascades. Puis nous arrivions à Tieke Kainga notre quatrième et dernier campement, déjà. On laisse nos sachets déshydratés et on se prépare un bon repas composé de riz cuit dans le lait de coco et des haricots en sauce. L’estomac bien remplis j’écris ces quelques phrases pendant que Sandra continu sa lecture à la frontale.
Ce tout petit rapide nous a permis de laisser l'appareil dehors et de filmer la scène. Pour les autres rapides, toutes photos n'étaient pas envisageables.
Une canopée de fougères
Jour 5 dernier jour : Il reste maintenant 21,5 km à accomplir. On a maintenant en tête ce que tout le monde nous raconte depuis le début du track : les derniers rapides. Sur les cartes il y a des gros points d’exclamations sur quelque rapide avec des précisions sur comment les aborder. Un téléphone de secours est disponible en aval d’un rapide en particulier et on nous parle sans cesse du fameux dernier rapide. Mais pour l’instant on à devant nous deux bonnes heures à ramer sans le moindre remous. Le canoë canadien qui nous était peu familier au départ est devenu à présent notre seconde peau. On le maîtrise parfaitement. Sandra à l’avant remplit totalement son rôle à savoir le moteur du canoë. Elle rame sans relâche aux moments clefs et c’est important de se sentir à l’aise avec son partenaire. A l’arrière, je gère la direction qui n’a plus aucun secret maintenant. Le canoë et tout son équipement de plus de 250kg au total se manipule comme une petite brindille sur l’eau. Un coup de rame proche de la coque pour donner de l’impulsion, un autre très large pour tourner ou bien un coup sec vers la coque pour dévier brutalement la trajectoire et éviter un obstacle. On calcule aussi l’angle des vagues pour ne pas avoir à écoper après chaque vague. Bref on est prêt à affronter ces derniers rapides. De toute façon, l’heure n’est plus à admirer le paysage. Comme toujours le dernier jour est quelque peu monotone, on est triste de devoir rentrer chez nous. Les falaises s’inclinent peu à peu et on retrouve les verts pâturages avec vaches et moutons. Voilà le premier rapide. On entend sa colère mais on ne voir rien. Impossible de savoir quelle direction choisir puisqu’on ne voit même pas la rivière au-delà du rapide à cause du dénivelé trop important. Bon, le gilet de sauvetage est bien serré, les bidons étanches bien ficelés, l’appareil photo dans son sac résistant à l’eau (on espère). On le passe sans aucune difficulté. Ca secoue pas mal, c’est vrai qu’il est plus impressionnant que les autres mais bon pas de quoi s’affoler. Celui qui suit par contre n’a pas de quoi nous faire rire. Le courant est très puissant et l’eau va directement se fracasser contre la falaise. Alors on voudrait prendre en un peu à gauche pour s’éloigner de celle-ci mais un immense rocher en plein milieu du rapide nous oblige à prendre le courant principal et passer entre la falaise et le rocher. Alors on se jette dans le combat, ramant de toutes nos forces. On rase le rocher par la droite au millimètre comme prévu mais le courant trop fort nous attire contre la paroi et il est impossible de lutter contre. Par chance on frôle la falaise de justesse et on ressort parfaitement sec de ce qui sera je pense le rapide le plus complexe du parcours. On s’arrête sur le côté pour observer ceux qui nous suivent. Le premier kayak prend trop large pour contourner le rocher ce qui l’oblige à taper la paroi sur le flanc. Cette position, en travers dans un rapide, donne la même issue pour tous. L’eau s’engouffre en une fraction de seconde dans le kayak et le retourne sans même que le rameur ne puisse prendre sa respiration. Le canoë suivant, un canadien comme le notre à encore eu moins de chance. Ou plutôt devrais-je dire moins d’intelligence ou d’expérience en tous cas. Le couple s’est tous simplement laisser aller sans donner un seul coup de rame, à la bonne volonté des courants. Résultat, le canoë est allé tout droit, sans détours, pour se fracasser de front sur la falaise, dans un bruit sourd, et se retourner inévitablement l’instant d’après. On remonte alors sur le canoë, encore plié de rire du spectacle qui nous est offert. Sandra qui lie les cartes, m’informe sur le rapide suivant. Il parait que les vagues au cœur des remous sont de 1m. On observe un canoë devant nous pour savoir quel choix va-t-il faire. A cause du fort dénivelé on l’aperçoit quelque seconde et l’instant d’après il disparait dans les vagues et on voit seulement une pagaie voler. A notre tour ! On rame avec les dernières forces qu’il nous reste. Effectivement nous n’avions pas encore vu de rapide avec autant de vague avant celui-ci. Dans les remous j’essaye de diriger tant bien que mal la trajectoire pour ne pas prendre de vague sur le flanc. Ce que je parviens à faire sauf que les vagues sont si hautes que l’avant du canoë s’enfonce dans la masse d’eau avant de se relever péniblement alourdi par des litres en excès. On s’arrête pour écoper et se préparer pour le dernier rapide du parcours. Pas besoin de le détailler, il n’a rien d’extraordinaire par rapport aux autres. Il est peut être un peu plus long. Cela nous donne juste l’occasion d’en profiter encore un peu avant l’arrivée que l’on voit maintenant. Pipiriki, 145km ! On arrive fatigué de tous ces efforts mais le loueur de canoë nous attend avec des muffins et un bon jus d’orange glacé. Il nous demande alors qu’elle journée avons-nous préférée ? Quelle question ! Toutes




sympas, trop de sharpen sur les portraits...
RépondreSupprimerMes kiwis,vous avez bien fait de nous faire attendre.Quand on dit plus c'est long,plus c'est bon,je confirme,photos époustouflantes et récits sensationnels,et comiques en prime,je m'éclate en suivant vos aventures.Vous nous avez fait le remake du film Délivrance sans les psychopathes.Le récit sur les bipèdes et leur guide,énorme!!et alors la photo de la guide en train de se soulager,je ne te dit pas!!à mon avis si elle tombe sur votre blog,elle vous colle un procès.J'ai aimé la photo de la toile d'araignée,on dirait une rivière de diamants,celle du cadavre dans l'eau beaucoup moins sympa!!vous êtes sur que c'est pas un hippo,votre vache? pauvre bête. Impressionnant la vue de votre parcours par satellite,dans des endroits pareils,on a vite fait de se perdre!!l'histoire des 4 bipèdes que vous avez croisé en vous baladant,croyant qu'ils avez perdu 1 des canoës,je vous imagine détalant comme des lapins pour récupérer le votre,j'étais morte de rire!!vous êtes des comiques en plus!!!!Enfin,votre aventure est une fois de plus incroyablement belle et passionnante,avec des photos et des vidéos super!!vous n'avez pas peur de descendre les rapides,car pour ma part,petits,moyens ou gros je ne le ferai pas,vous êtes courageux et ma petite Plumette,est casse-cou,on dirait pas comme ça? toute menue, toute douce,c'est un volcan en sommeil.Vous êtes vraiment un petit couple fantastique,et on vous aime très fort,personne ne me contredira.Vivement les prochaines aventures,biz
RépondreSupprimerJ'ai oublié de vous dire que vous êtes beaux sur la photo de couple,je veux la même!!! Nathan,le bouc te va bien!! jamais j'aurai cru dire ça un jour,c'est le climat humide du bush qui te fait pousser les poils ou la grève du rasoir?Sandra,j'espère que tu aimes les hommes velus?à la prochaine rando il pourra se faire une tresse,à mon avis c'est comme ça que les histoires de yétis ou de bigfoot ont commencé!!biz
RépondreSupprimermdr pour la guide!!!!!!!& ke de reves vous nous fètes vivre mé vous vous vivez dangeureusement(moi joré la trouille)cé vré ke le bouc te va bien ninette!!kan a sandra elle va nous revenir en musclor je vous embrasse forttttttt tous les 2
RépondreSupprimerEncore une fois énoooorme! Sympa un trip en canoe, ca va être quoi la prochaine, une rando à cheval de 300 km? lol.
RépondreSupprimerCa fait rêver encore une fois!! tiens petite pensé, je regarde la match de l'OM en UEFA! lol
La bise
...quand je pense que faire une centaine de km en voiture avec ma "viva sport", j'en ressort tout courbaturé ?
RépondreSupprimerBè oui...l'espèce humaine est bien diversifiée...il y en a qui ont soif d'aventure, moi, j'ai soif.. tout court...
Nouvel exploit! un de +.C'est vrai Sandra, que tu es étonnante,surprenante de courage ! Super !
Quant à l'espèce d'homo erectus qui t'accompagne,..il ne manque plus que "wanted" au dessous de sa photo!!
Il est clair que vous êtes en train de vivre une expérience qui restera à jamais gravée dans le disque dur de votre mémoire...
Merci de nous en faire profiter...
On se rééégggaaalllle!
Comme d'habitude, récit incroyable, photos magnifiques... on vit vos aventures en lisant l'histoire accompagnée des photos et vidéos, c'est excellent!! un grand bravo pour cette nouvelle escapade, tu as de la chance Jonath d'avoir une petite femme aussi courageuse, prête à te suivre n'importe où! quand on lit ton histoire on se dit que vous êtes fous de vous lancer dans une telle rando.. mais vous avez su gérer, vous devez avoir un sacré coup de pagaie:))
RépondreSupprimerj'adore également votre photo de couple qui reflète parfaitement votre bonheur et votre bien être en terre Néo-Zélandaise..
bisous à vous deux
(j'étais impatiente de lire vos nouvelles aventures, je ne comprenais pas pourquoi s'était aussi long cette fois-ci, maintenant je comprend mieux;))
HOUOUUUU! Enfin je me détends.. je viens de finir de descendre les rapides... j'en ai les muscles des fessiers tétanisés!!!vous m'épatez tous les deux .
RépondreSupprimerJe n'en reviens pas y mama a raison j'ai pensé à la même chose qu'elle le film "Délivrance" sans les troglos bien sûr.
Je vous assure les petits le jour ou vous verrez ce film vous comprendrez.
Enfin il vaut mieux que vous ne l'ayez pas vu.
Vous m'avez oxygéné pour la semaine
C'est magnifique j'en avais les larmes aux yeux.
Mes photos préférées sont les 2 dernières
vos portraits fatigués mais les yeux remplis d'un trésor que personne d'autre que vous n'aura.
Vous êtes magnifiques mes loulous
Je vous aime.
Je pense que c'est en voyant tout çà que l'on se rend compte qu'il faut être jeune pour réaliser de telles prouesses. Je suis tout simplement fier de vous deux car vous représentez ce que l'on aimerait être et vous le faites bien. Vous êtes la projection de nos envies et vous arrivez à nous les faire vivre lorsque l'on clique sur la souris de l'ordi. Alors continuer !!
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