"Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait." (Nicolas Bouvier)
Visite Virtuelle Montpellier

jeudi 15 juillet 2010

Abel Tasman Coast Track

L’Abel Tasman Coast Track est le nom de notre future randonnée et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit d’un great walk. Situé à l’extrême Nord de l’île du Sud et donc pas très loin de là où nous déposé le Ferry, on se devait inévitablement d’honorer cette balade de 4 jours qui nous attendait les bras ouverts.
Nous avons passé notre première nuit sur l’île du sud dans un backpacker remarquablement convivial et chaleureux. Ici pas de bruit assourdissant du pub d’à côté mais plutôt le doux crépitement du bois dans la cheminée. Après s’être préparé un bon repas accompagné d’un planteur, of course, nous avons regardé des séries tv sur notre ordinateur affalé dans les canapés avant d’aller se coucher et de prendre des forces pour le lendemain.

Jour 6
10h, départ pour la première journée de l’Abel Tasman. Bon d’accord c’est un peu tard mais pas besoin de se presser, nous n’aurons que quatre heures de marche chaque jour. Largement le temps de faire de nombreuses pauses ou de photographier les oiseaux qui passent. Tiens justement, à peine quelque mètre sur le chemin que déjà un couple de héron cendré est en train de pêcher juste à côté de nous. Visiblement notre présence ne les dérange guerre. Désolé mais pas de photo du couple, on les réserve pour le dossier « au pays des oiseaux ». Le sentier est plat, suffisamment large, agréable pour randonner. Il donne accès à de nombreuses plages, toute unique. Nous sommes arrivés sans peine à la première hutte. Affamé nous avons cuisiné des pattes accompagnées d’une sauce pesto. Vous remarquerez le changement de régime après les sachets déshydratés. Puis dans la soirée nous avons savouré le couché de soleil au bord de la plage














Jour 7
On vient de passer le cap de la première nuit. Oui, il est fini le temps des aventures dans les bois où l’on jetait la tente n’importe où pour passer la nuit. Voilà quelque jour maintenant que nous sommes en hiver et savoir si l’on pouvait survivre la nuit dans une hutte non chauffée nous tracassait un peu. Pour l’occasion, on s’est équipé de draps en microfibres qui augmentent la température de nos sacs de couchage et pour cette nuit là le test est plutôt réussi. On verra bien dans les Alpes plus au sud.
Pour cette seconde journée de marche ce n’est pas nous qui décidions de l’heure de départ, c’est la marée. Le chemin qui longe la côte ne peut être traversé à certain moment que par marrée basse. Les horaires des marrées que l’on s’est procuré indiquent que ce matin, la marrée sera basse à 9h30. Une chance puisqu’on aurait très bien pu avoir la marrée basse en plein milieu de la nuit. La zone que l’on traverse ce matin est un estuaire criblé de trous formés par des milliers de crabes et coques qui se sont ensablés attendant le retour de l’eau. Bien que la marrée fut basse au moment de notre traversée, nous avons du irrémédiablement ôter nos boots pour traverser un cours d’eau plus profond que les autres. L’eau absolument glaciale fut une expérience traumatisante pour nos orteils. Ensuite, à notre grand étonnement, nous avons croisé quelques habitations regroupées en une sorte de petit village très isolé où les riches propriétaires n’y accèdent que par bateau. Arrivé à la hutte nous avons renouvelé les habitudes de la veille, pâtes, couché de soleil puis lecture et jeu de carte. Peu nombreux ce soir là, seulement 6 en tout, nous avons assisté à un concerto rot, pet d’un kiwi. Je ne vous ai pas encore raconté mais ici, les Néo-zélandais ont pour habitudes de lâcher des rots et des pets à n’importe quel moment de la journée et peu importe le lieu public. Pas question non plus de discrétion, plus il est bruyant, grave, long et avec le plus de syllabes possibles, plus c’est drôle. Ce soir là, je crois qu’on a eu droit à une symphonie sur toutes les octaves. Bonne nuit...FFFffffffiiiiz


















Jour 8
Troisième journée similaire à la veille. Le chemin à pris un peu plus de hauteur pour s’enfoncer davantage dans le bush offrant des points de vue magnifiques sur les baies aux eaux turquoises. A noter un instant magique avec un fantail, oiseau avec la queue en éventail que l’on ne vous a pas encore présenté. Très reconnaissable avec son cri strident caractéristique, on l'a vu arriver de loin pour se poser qu’à quelque cm de nous. On commence à s’habituer à ce genre de comportement, mais celui-ci nous a vraiment suivit sur 200 mètres nous tournant autour en nous racontant tout plein de choses. Je remarque que les oiseaux de l’île du sud sont encore moins farouches que ceux du Nord. Surement parce que l’Homme y est encore moins présent.










Jour 9
Réveil difficile ce matin. Sandra est pliée en deux dans son sac de couchage. Elle est courbaturée, tremble de froid et a mal au ventre. On cherche à savoir ce qui a pu la rendre si malade mais pas besoin de chercher bien longtemps, cela est surement du au giardia, une bactérie que l’on trouve partout dans l’eau dès qu’on sort des villes. L’eau non potable doit être bouilli trois minutes au minimum, mais visiblement cela n’a pas suffi. Ici, pas de médecin où de pharmacie, on va devoir effectuer notre dernière journée de marche. La bonne nouvelle est que l’on a seulement 1h30 de marche, la mauvaise est que l’on ne peut pas partir avant midi, heure à laquelle la marrée est la plus basse. Après de longues heures d’attente à essayer d’avaler quelque chose, nous avons quitté la hutte sur un rythme tranquille. L’estuaire fut difficile à traverser. Même à marrée basse ont avait parfois l’eau glaciale jusqu’aux mollets, ce qui ne faisait qu’empirer le mal être de Sandra. Tant bien que mal nous sommes parvenus à notre point de rendez-vous où nous attendait le water-taxi pour nous ramener au point de départ. Affalé dans les sièges du bateau au puissant moteur, le vent dans les cheveux, regardant chacune des baies et des huttes que nous avons traversé durant ces quatre dernières journées, nous étions loin d’imaginer que le meilleur du voyage restait à venir. Le type qui dirigeait l’embarcation coupa le moteur et s’approcha de Tonga Island, une île dédiée aux recherches scientifiques où faune et flore sont protégées. Il ne nous a pas fallu longtemps pour voir le premier. Allongé sur son rocher en plein soleil, sur le dos, la tête en arrière, il restait là, immobile, sans être gêné par notre présence. Rapidement on en vis un autre un peu plus haut, puis un bébé qui tétait sa mère, puis trois autres contre un rocher et enfin c’est toute la colonie d’otarie que l’on pouvait observer. Avec mon téléobjectif je ne savais plus si je devais faire des photos ou simplement savourer ce genre de moment que l’on sent unique. Comme si ce moment n’était pas suffisamment chargé en émotion, quatre jeunes otaries ce sont mis à l’eau pour s’approcher à un mètre du bateau et s’amuser à faire tout un tas d’acrobaties aquatiques. Comme un gamin en adoration devant son héros j’ai tendu ma main en direction de l’un d’eux. Le bébé otarie n’était qu’à quelques cm et avec ces longues moustaches, il m’a regardé avec des yeux beaucoup plus attendrissants que ceux du chat beauté dans Shrek. Sandra était autant émerveillé que moi et ne paraissait plus du tout être malade. Puis le moteur a redémarré et le bateau s’est écarté de l’île. J’aurais voulu que ce moment ne s’arrête jamais. Il faudrait que l’on offre à chaque être humain de cette planète, la chance de partager ne serait-ce qu’un instant comme l’on vient de vivre avec ces otaries. Personne de peut rester insensible devant une telle merveille de la nature. Peut être alors que l’on respecterait davantage cette diversité sauvage si belle et si fragile à la fois. Ce discours est tellement classique, redondant voire même lassant, mais il est tellement vrai.















2 commentaires:

  1. Quel pied!! des otaries en liberté, quel spectacle grandiose auquel vous avez eu la chance d'assister et de prendre en photo!! le bébé en train de téter sa mère est sublime et celui qui fait la planche!! En découvrant une fois de plus les photos de cette faune et flore , on s'aperçois que le Paradis est bel et bien sur cette terre. Vos discours ne sont pas classiques et encore moins lassants,pour certains d'entre nous ( humains) il est bon de le rappeler!! mais ont-ils la même vision que les autres?. L'histoire des pets et des rots de vos copains NZL m'on fais pleurer de rire, et oui!! c'est comme ça ,ça marche à tous les coups!! vous comprenez pourquoi j'ai des doutes maintenant sur la nationalité de papa!! à mon avis certains d'entre eux ont fini en NZL.Mes Kiwis, j'ai passé un agréable moment avec vous dans vos périples quotidiens à très vite pour la suite!!( une petite pensée pour vos orteils traumatisés et pour les intestins de Plumette qui ont été très perturbés aussi)

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  2. ...oui,bon ok je parle un peu le NZL..et alors?!!... faute avouée est...

    Quel cadre idyllique, que de souvenirs !
    La nature offre parfois de somptueux cadeaux, et à des moments où on s'y attend le moins.. mais, peut être qu'à ceux qui le méritent! Superbes photos, et commentaires...com dab !

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