Jour 10
Nous quittons le petit village de Marahau et l’Abel Tasman National Park pour aller plus à l’Est vers la Golden Bay. Avant de prendre la voiture, le petit déjeuné fut copieux et pour cause, la route aux 365 virages qui mène à la ville de Takaka est connue pour être la plus sinueuse. Alors estomac fragile, s’abstenir !
Pourtant encore loin des Alpes, de nombreux sommets sont déjà enneigés et les points de vue panoramiques depuis la route sont saisissants. Je ne suis pas vraiment excité à l’idée de rejoindre une autre ville mais je dois avouer que Takaka a son charme. Nous avons pris le repas dans un restaurant près d’un feu de cheminé et fini par un milk shake très américain mais très bon. Pas de programme très excitant pour la suite de la journée. Le soir nous avons fait la connaissance de Céline et Julien, un couple de Français avec qui nous avons sympathisé, partagé nos souvenirs et échangé quelques conseils pour la suite de nos aventures.
Jour 11
Nous sommes dans la Golden Bay, au Nord Ouest de l’île. La plage que l’on nous a conseillé de visiter se trouve à l’extrémité de l’île et est, paraît-il, incontournable. On doit d’abord laisser la voiture sur un parking pour commencer les 20 minutes de marche qui nous séparent de la plage. On traverse des champs agricoles au milieu des moutons et des taureaux. La plage ressemble d’abord à un immense désert de sable avant que l’on puisse apercevoir l’océan et les énormes roches qui abritent de petites criques. Nous avons escaladé un de ces gros blocks pour prendre un thé chaud avec vu panoramique. Sur la descente nous avons eu la chance de voir deux jeunes otaries jouer dans l’eau puis se trémousser sur le sable. Nous ne sommes pas encore faits à l’idée de voir des otaries, juste ici, si accessible. Normalement c’est dans les reportages animaliers que l’on en voit non ? De retour à Takaka, nous avons fait une pause repas dans une tannerie de possum qui fait aussi de la restauration. Hamburger de poulet pour Sandra, quant à moi j’ai voulu tester une viande de daim très savoureuse mais très particulière tout de même. On s’est ensuite donné rendez-vous avec Céline et Julien dans le pub de Takaka pour regarder la confrontation des Halls Black contre les Springboks dans le tournoi du trination. Apéro et poulet coco pour finir la journée.
La vue depuis un des blocks
Sandra ski avec ses pieds sur le sable
Jour 12
On est déjà le 11 juillet et à la vitesse où l’on va il nous faudrait 10 ans pour faire le tour de l’île. On décide donc de quitter la Golden Bay pour descendre au sud par la côte Est et s’arrêter dans la ville de Kaikoura. Rien de particulier à raconter pour aujourd’hui à part les nombreuses heures de route. Mais en NZ il y a toujours un petit quelque chose à voir et à partager. En arrivant à Kaikoura près de la côte, on a du essuyer plusieurs fois nos yeux avant de réaliser ce que l’on voyait. Des otaries par centaines regroupées en colonies peuplaient le bord de mer. Je me suis arrêté pour faire une approche au milieu de ces beaux mammifères. Equipé du téléobjectif, j’avançais pas à pas pour ne pas les déranger. Les gros mâles sont affalés et prennent les derniers rayons de Soleil, les femelles sont allongées sur le dos pour laisser leurs petits téter, certains se chamaillent cou contre cou grande mâchoire ouverte et moi je me délecte du spectacle. Essayant d’être le moins gênant possible à l’approche de cette colonie, je n’avais même pas vu un gros mâle à deux mètres de moi qui ne semblait visiblement pas dérangé par ma présence.
Arrive alors une famille de touristes tout entière, d’origine asiatique pour les citer. D’abord le père qui dévale la pente pour se trouver en plein milieu de la colonie et ainsi filmer les bêtes le plus proche possible. Puis la grande fille à un mètre des otaries qui prend soin d’allumer son flash surpuissant pour ne rater aucune photo. Les deux gamins courent et cris comme s’ils visitaient un zoo. La mère arrive enfin avec sa cigarette et la fumée qui s’y dégage pour venir polluer davantage l’atmosphère déjà bien souillée. Pas besoin d’être éthologue pour voir le changement brutal au sein de la colonie. Les gros mâles ne semblent pas vraiment bousculés mais relèvent tous leurs têtes sûrement perturbés dans leur sieste. Les femelles, elles, sont complètement apeurées et rassemblent leurs petits qui ont déjà pour la plupart plongé dans l’océan. Il ne reste maintenant que la moitié de la colonie sur les rochers, attentifs au moindre mouvement des humains qu’ils considèrent évidement comme des prédateurs. Les touristes, eux, s’obstinent toujours à reproduire leur V caractéristique de la main, avec un grand sourire, sur un fond d’otaries terrorisés, l’image est parfaite.
Jour 13
La première chose que l’on a faite durant cette matinée c’est d’aller voir la propriétaire du backpacker et de lui dire que l’on voulait rester une nuit de plus. Cette auberge est incontestablement la meilleure que l’on ait faite depuis et mérite que l’on y reste une journée supplémentaire. Pour un prix légèrement au dessus des autres, nous avons le luxe d’avoir notre propre chambre avec lit double contrairement au dortoir de 10 personnes que l’on occupe habituellement. Nous avons également internet et laverie gratuit ainsi qu’un pain chaud tous les matins, autant dire une auberge de jeunesse haut de gamme pour 15 euros chacun. Les formalités remplies, on peut maintenant se lancer dans la visite de Kaikoura et des alentours.
J’ai déjà dévoilé que l’on pouvait trouver de nombreuses colonies d’otaries de long de la côte. Mais Kaikoura est surtout réputé pour l’observation d’un autre mammifère, mais un peu plus grand celui-ci. Très peu d’endroits en NZ présentent la même topographie des fonds marins comme l’on trouve à Kaikoura. A quelque mètre de la côte se trouve une fosse de plus de 900 mètres de profondeur et dans ces abysses vivent des calmars géants qui sont la proie de ces fameux mammifères si fascinants, les cachalots. Ce sont ces animaux de plus de 20 mètres de long que l’on désire apercevoir à tout prix. Nous allons donc prendre quelques renseignements auprès de la seule et unique compagnie qui promet à 99% l’observation des cachalots. A l’accueil on nous dit, aujourd’hui il fait beau, il reste des places sur le bateau, partez maintenant. On comptait réserver seulement pour demain mais après tout qui sait s’il fera beau demain? Allégé d’une somme non négligeable, nous voilà donc installé dans un beau bateau high technologie avec grand écran HD à l’intérieur pour voir en temps réel notre position GPS et la profondeur du plancher océanique. Plein gaz, on slalome entre les grosses vagues, attention mal au cœur garantit. Sur l’écran on nous présente une modélisation des fonds marins avec des couleurs bleus plus ou moins intenses en fonction de la profondeur. On se dirige droit vers une large bande bleu foncé presque noire, la fosse. Sur l’écran on voit que la profondeur chute de façon fulgurante de 150 mètres à 300, 400, 800, 900 mètres. Ca y est, on est au dessus de la fosse avec pas loin d’un kilomètre d’eau sous notre bateau. Le commandant arrête le moteur et plonge un hydrophone pour écouter les mammifères qui sont potentiellement présent dans le coin. Affirmatif, les cétacés ont bien été entendu, il ne reste maintenant plus qu’à attendre qu’ils refassent surface pour respirer. On sent l’excitation monter peu à peu. La vingtaine de personnes présentent à bord ne font que très peu de bruit, on scrute tous l’horizon grand yeux ouverts. L’attente ne fut que de très courte durée. C’est un bébé nous dit le commandant. Un bébé de déjà plusieurs tonnes pour au moins 5 mètres de long. Puis c’est un adulte de quasiment la taille du bateau que l’on avait la chance d’observer. Au total nous avons pu admirer 6 individus différents, quelques secondes à chaque fois, le temps de prendre leur respiration, un court repos puis de replonger, jusqu’à deux heures d’apnée, pour se nourrir. Au moment de plonger, les cachalots se courbent au niveau de leur nageoire dorsale, c’est à ce moment précis que l’on se prépare à voir l’image mythique que l’on a des baleines. Elles s’immergent totalement une demi-seconde puis d’un geste lent dévoilent leurs majestueuses queues. L’eau glisse de leur nageoire caudale pour tomber en rideau de perle. Même court ces instants fut de pur bonheur de pourvoir observer ces êtres solitaires dans leur habitats naturels. Sur le retour, le plus difficile pour tout le monde fut de contenir nos petits déjeunés à l’intérieur de nos estomacs. Nous n’avons rien fait de plus l’après midi, je crois que nos esprits étaient largement saturés pour cette journée.
Jour 14
Une nouvelle journée ensoleillée est prévue à Kaikoura. Cela fait deux semaines maintenant que la vague de beau temps sur l’ensemble du pays persiste. Nous n’avons pas encore décidé de quitter la région, on s’y sent bien et on sait que l’on a encore beaucoup à voir dans les alentours. Mission otaries a-t-on programmé pour la journée. Ces derniers temps, nous avons fait plusieurs fois connaissance avec eux mais nous ne leur avons encore jamais consacré une pleine journée à les photographier et à les observer tout simplement. La très sympathique propriétaire de l’auberge nous a conseillé une certaine cascade où se trouverai plusieurs dizaines de jeunes otaries. Voilà donc notre premier objectif de la journée. En longeant la côte difficile d’être très concentré sur la route quand il y a sur votre gauche une chaîne de montagnes enneigées et sur votre droite des centaines d’otaries. On trouve finalement l’accès à la cascade, on gare la voiture et on avance sur le sentier. Le chemin remonte un cours d’eau qui se jette en aval dans l’océan et remonte jusqu’à la cascade surement en amont. Le parcours ne dure que dix minutes, mais à peine le temps de marcher un peu que déjà trois jeunes otaries descendaient le cours d’eau en se chamaillant et en se laissant glisser alternativement sur le dos et le ventre. On vit la même scène un peu plus loin, mais cette fois au lieu de rester bêtement immobile d’admiration, je me suis jeté sur la caméra pour filmer un instant. Deux minutes après il y avait un attroupement de tous les promeneurs du coin. Un bébé otarie sur le chemin faisait des allers-retours pour renifler les chaussures d’un gamin qui savait à peine marcher. Le rapprochement de ces deux êtres naïfs et insouciants était comique et intéressant à la fois, d’autant plus que la jeune otarie n’allait pas voir les chaussures des adultes pourtant aussi proches. On arriva un peu plus loin à la cascade. Des jeunes otaries par dizaines dans la piscine sous la cascade s'exerçaient à toutes sorte d'acrobaties aquatiques et aériennes et semblaient visiblement heureuses de produire un maximum d'éclaboussure en tombant. Un spectacle grandiose, peu être un coup de coeur en ce qui me concerne, qui vaut largement tous les Marineland du monde ou orques, dauphins et otaries sont nourris avec des sardines contenant des stimulant pour assurer tous les spectacles ridicules de la journée...
Maman avance de quelques mètres à chaque fois puis attend son petit
Oui on sait, on a fait la même expression
Jour 15
Cela a été notre dernier jour à Kaikoura. Avant de partir nous avons comblé notre envie irrésistible d'aller retrouver les colonies d'otaries. Nous avons également pris quelques clichés de la région qui est décidément "a great place" comme on dirait ici.
Cap sur Christchurch à présent pour la suite des aventures.
Point de vue sur Kaikoura

Quel bonheur!!Regarder les vidéos des cachalots et des otaries sur une musique d' Évanescence, est le meilleur moyen de débuter la journée!! Je comprends que vous ayez un coup de coeur particulier pour les otaries!! quand on voit la pépite du tout petit, avec ses grands yeux qui lui donne ce regard si expressif, et sa coupe hérisson, n'importe quel être humain dit (normal) craquerait devant un tel spectacle!!. Et les cachalots qui évoluent dans cet immense océan, doivent laisser des souvenirs à jamais gravés dans les mémoires de ceux qui les voient. Il est vrai que toutes les espèces que vous trouvez sur cette île depuis que vous y êtes est une bénédiction!! et que je suis entièrement d'accord avec vous en ce qui concerne les marinlands et autres endroits, ou les animaux sont enfermés.Mais A la rapidité à laquelle nous saccageons notre chère planète, il se peut malheureusement, que se soit les derniers endroits ou l'on puisse encore voir toutes ces espèces. J'aime croire que les générations suivantes auront pris conscience de tous ces bouleversements et protègeront un peu mieux toute cette richesse que la terre possède!! Mais comme on dit << Qui vivra, verra>> J'ai enclenché le compte à rebours, votre arrivée est proche!! enfin tout est relatif!! qui sais être patient, on va dire!! et après je vous les ferais pour de vrai les bisous!!!! je vous aime mes Kiwis.
RépondreSupprimer...Il parait que la chair des otaries est super bonne au barbeuc...Oui, quoi, c'est vrai ...Mais, il faut prendre les toutes petites, et surtout il ne faut pas les faire trop cuire...
RépondreSupprimerDans les marinlands,au moins, nous sommes assis et on peut acheter des glaces et boire un coup ! NOUS
Bon, c'est vrai,il va bientôt nous rester QUE les glaces...dans peu de temps,... et des films pour nous rappeler,qu'il fut un temps...
Quel capital émotions et découvertes vous accumulez !! C'est super, profitez en un max.
Je pense que votre dernier reportage sera le plus touchant de tout votre séjour en NZ
RépondreSupprimerJ'en suis toute retournée encore.. quel beauté!
Mes petitous comment allez vous supporter la France maintenant??? je me fais du souci pour vous.
Faudra t il vous enchainer pour que vous ne repartiez pas trop vite???
Bisou
La beauté c'est du féminin... bien entendu
RépondreSupprimeralors encore une faute!
Ah lalalala!!!
cé tt simplement merveilleux & le regard de ce b gen é u ls larmes gros bisous a vs 2
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