"Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait." (Nicolas Bouvier)
Visite Virtuelle Montpellier

dimanche 11 juillet 2010

Que l'aventure (re)commence !

A 17 h précise, comme chaque jour depuis déjà 6 mois maintenant, j’irai récupérer Sandra à son boulo. Mais aujourd’hui je suis plus enthousiaste que d’habitude, c’est son dernier jour de stage et j’ai attendu ce moment depuis longtemps. Jusqu’à présent, hors mis quelques exceptions, notre séjour en NZ se limitait à découvrir une nouvelle région pendant deux ou trois jours le week-end puis de revenir inéluctablement à Hamilton pour les obligations professionnelles de Sandra. Aujourd’hui, après un stage plus que réussi, une page se tourne et il est maintenant venu l’heure de découvrir de nouveaux horizons, de commencer une nouvelle aventure.
Pour finir notre séjour en NZ nous avons décidé de quitter Hamilton et la maison que nous occupions depuis un mois, pour partir en road trip sur l’île du sud. Pour des raisons économiques mais aussi de commodité et de convivialité, nous dormirons entre huttes et auberges de jeunesse (backpackers) que nous croiserons sur notre route. Pour l’instant, l’idée serait de faire un tour de l’île du sud avec de multiples arrêts au niveau des points d’intérêts. La Golden Bay et ses plages de sables dorés, les glaciers de Fox et de Franz Joseph, les Sounds et Fiords enneigés, les balades autour du mythique Mont Cook ou encore les rencontres avec des colonies de phoques, pingouins et baleines de la Est coast seraient au programme ces prochains jours. Alors sans plus attendre, que l’aventure commence !


Jour 1
La nouvelle voiture que nous avons loué pour notre trip est sensée être économe en essence. Espérons que cela s’avère vrai même en prenant en compte la charge assez importante d’affaire qui se trouve dans le coffre. J’ai passé une semaine à regarder tous les jours la météo pour savoir par quel chemin nous devrions descendre. Soit par la côte ouest et rendre visite au sublime Mont Taranaki que j’ai eu la chance d’escalader mais que Sandra n’a toujours pas vu. Soit par le centre et l’incroyable plateau du Tongariro National Park avec ses trois volcans actifs. Mais la météo est tellement capricieuse dans ce pays qu’au moment de démarrer la voiture je ne sais toujours pas quel chemin prendre. Pile ou face, ce sera par le centre. Nous partons sans le moindre programme, juste au grès de la météo et des envies du moment. Nous avons l’idée de faire un tour de l’île du sud mais avec un programme très maniable. Pas d’agenda, d’horaires, de réservations de nuits d’hôtels de « on doit être ici demain alors pas le temps pour ça », juste nous et la nature le reste on verra.
Je connais déjà très bien cette route qui mène jusqu’au National Park mais cette fois-ci elle a une saveur différente. On part pour un aller simple et l’on ne reviendra peut être jamais par ici. Raison de plus pour apprécier d’avantage le magnifique paysage que nous offre la NZ. Arrivé au National Park nous sommes totalement surpris d’être accueilli par une météo plus que clémente. Le mauvais temps de ces derniers jours partout en NZ nous faisait penser qu’ici, à plus de 1200m, nous ne serions pas épargnés par les cumulus. Aussi étrange que cela puisse paraître, le mont Ruapehu d’un coté, le Tongariro et Ngoruohe de l’autre dévoilent tous leurs sommets enneigés et offre un beau spectacle.


















Le premier backpacker manque un peu de convivialité mais sa proximité des trois volcans nous permet de déguster un chocolat chaud en admirant le couché du Soleil derrière la grande vallée volcanique.

Jour 2
Le lendemain il faisait encore plus beau que la veille. On est vraiment excité d’avoir un plein Soleil et on hésite à faire une randonnée au risque de rentrer dans le bush et de ne plus avoir de vue panoramique. Finalement nous avons passé la journée en voiture, tournant autour des volcans afin de trouver une vue encore plus belle que la précédente. Nous voulions également faire le « crossing », une des plus belles rando à faire en NZ qui consiste à passer entre deux volcans à plus de 2000m. Cette rando dure entre 8 et 9h et une météo parfaite est exigée. Surtout qu’à présent nous sommes en hiver et que crampons et piolets sont nécessaires pour la traversée. Nous avons renoncé à la faire au dernier moment, des nuages menaçants qui se trouvaient à l’horizon n’ont mis que quelques minutes pour recouvrir le ciel et piéger ainsi les sommets. Pas de risques inutiles, il y aura encore plein d’autre possibilité d’escalader les sommets dans le sud.









Jour 3
Nous avons décidé que ce serait notre dernier jour sur le National Park. Avant de partir, une randonnée de deux heures est parfaite pour se mettre en jambe et assouvir notre désir de prendre un maximum de clichés. La balade plonge dans le bush pour suivre une rivière avant de remonter dans la vallée volcanique où la végétation rase laisse apparaître les longues coulées de lave du Ruapehu. Les Taranaki Falls, but ultime de la marche rajoute un charme à ce lieu qui n’en manque pourtant pas.









A présent, cap au sud à destination de Wellington, la capitale et seconde ville la plus peuplée de NZ. Il parait qu’elle est une des villes la plus agréable à vivre de tout l’hémisphère sud. Elle est aussi située à l’extrême sud de l’île du nord et c’est donc un passage obligé pour nous avant de se rendre dans le Sud. Dans l’agglomération de la capitale, la densité de voiture s’accroit considérablement. La signalétique donne le tournis. On trouve tant bien que mal le centre ville où se trouve notre prochain backpacker. Les rues sont toutes à sens unique, elle se ressemble pour la plupart. Nous y sommes enfin, par chance une place de parking juste devant le backpacker. L’horodateur indique 4$ l’heure, hors de question de laisser la voiture là. Sandra attend dans la voiture, moi je rentre dans l’établissement. Le gars débordé ne trouve pas ma réservation, plusieurs personnes attendent derrière moi pour avoir une chambre, le gars doit répondre au téléphone chaque deux minutes, c’est la panique. Après exactement une demi-heure je parviens finalement à avoir les clés de notre chambre. Reste maintenant à trouver où garer la voiture. Tous les parkings sont à des prix exorbitant pour toute la nuit. Alors on tourne en ville. C’est la quatrième fois qu’on passe cette rue et toujours pas de place. Il fait nuit, il y a des embouteillages, des travaux, du bruit, l’odeur d’huile et d’essence, les gens saouls à 20h, un sentiment d’oppression grandissant. Je voudrais apprécier cette nouvelle ville réputé pour son bien être, mais comment le pourrais-je, je ne vois que des buildings, des panneaux publicitaires à outrance et cette civilisation qui me repousse presque. « Apprécier une ville », c’est peut être devenu un oxymore pour moi. On trouve enfin un endroit où laisser la voiture pour la nuit. Histoire de se changer les idées on boit un coup dans un pub tout proche du backpacker. Pour 4$ on a deux whisky coca, pas étonnant que les sobres de la soirée se fasse aussi rare. Pas trop inclus dans l’ambiance de cette soirée on retourne dans notre chambre. Quand je disais un pub « tout proche » je ne croyais pas si bien dire. Notre chambre est située exactement au dessus du pub. On a l’impression d’être à l’intérieur des caissons de basses. Allongé dans mon lit avec des bouchons dans les oreilles qui ne peuvent filtrer le moindre son et qui plus est avec les vibrations qui parviennent jusqu’à mon oreiller, j’essaye de m’endormir avec une réflexion. Cette soirée pour le moins ratée ne m’agace pas plus que ça. Je sais que d’ici quelques jours je serai dans l’île du sud avec parfois des régions les moins peuplées du monde et que ça en sera fini avec les grandes villes. Mais comment peut-il y avoir un contraste aussi puissant entre la nature si paisible des oiseaux du bush et de la vallée volcanique et cette intense oppression de la ville. Pourquoi le fait d’être confronté à ces deux atmosphères dans la même journée me donne l’impression de passer du paradis à l’enfer.

Jour 4
On prévoyait de rester trois ou quatre jour à Wellington mais on est déjà presque déçu de devoir rester une journée entière. Nous venons de réserver le ferry pour demain matin, reste maintenant à trouver une occupation pour aujourd’hui. Te Papa, le plus grand musée de NZ aurait été une bonne solution mais notre priorité de la journée était de trouver une autre auberge de jeunesse, pas question de repasser une nuit comme celle là. Finalement shopping et balade dans le jardin botanique via le funiculaire nous ont fait passer de bon moments et diminuer ce gout amer que l’on avait de Wellington.

Jour 5
A 7h30 nous sommes devant les grilles de l’embarcadère. Une bonne femme nous donne nos tickets d’entrés et nous indique quelle rangée occuper. Entre des dizaines de camions, de caravanes et d’autres véhicules en tout genre, nous attendons notre tour pour entrer la voiture dans cet immense bateau, le plus gros de la compagnie. Vers 8h, dans la cale du ferry, le frein à main bien serré nous pouvons sortir de la voiture et prendre place dans le bateau. Le ferry fait la navette entre les deux îles de la NZ pour traverser en trois heures ce que l’on dénomme le détroit de Cook. Assez long quand on a rien à faire mais ici les occupations ne manquent pas. Nous avons fait plusieurs fois le tour du bateau sur une dizaine d’étage différent pour prendre en photo les côtes. Nous avons aussi mangé dans une sorte de snack puis regardé la rediffusion d’un match de coupe du monde dans un pub. Cinéma, office de tourisme et autre magasin de souvenir étaient aussi à bord. A la fin de la croisière, le ferry a pénétré dans les terres ou plutôt dans les Sounds, des bras de mer géants entre lesquels l’océan s’infiltre. Des eaux bleues vertes limpides laissent transparaître les fonds marins. Le commandant annonce la fin de la traversée du détroit de Cook, nous sommes sur l’île du sud.












5 commentaires:

  1. Comme à votre habitude, les photos de paysages sont sublimes. Je comprends que vous fuyiez les villes pour des endroits comme ceux que vous photographiez, cette nature est tellement extraordinaire!! alors que les villes regorgent de dangers,d' immondices en tout genre, de bruits et d'odeurs. Effectivement, le contraste entre l'enfer et le Paradis se résume à ça surement!! Retournez dans votre Paradis, pour continuer à nous le faire découvrir , continuez à nous envoyer des prises de vues féeriques, vous aurez peut être la chance de rencontrer des êtres fantastiques au détours d'un sentier,ou dans les profondeurs de l'océan, qui c'est? La qualité principale chez l'homme, c'est que tant qu'il rêve rien n'est perdu!! Alors mon Bélou et ma Plumette, je souhaite que tous les jours que Dieu fait, vous continuiez à rêver,car vous avez un joli regard posé sur le monde et ça c'est rassurant pour l'avenir. encore une petite chose, ça fait quoi de regarder un couché de soleil sur un ferry de luxe? Veinards!!!!

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  2. Carpe diem !" vivez pleinement ce moment présent".
    Quel plaisir de partir, sans réel objectif, sans connaitre son chemin,...
    Bon, passer de la pleine nature avec une végétation luxuriante,à la ville,la fumée, les embouteillages....la civilisation quoi ! Je reconnais que c'est pas facile !
    Bonne continuation !

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  3. Je vois que Montpellier vous manque! parler de l'oxymore comme ca. Avec ces happy hour et ses cours de salsa. Je voulais oxy vous dire que more photo de wellington aurait été bien. Vous étiez en colère dans ce pub car il n'y avait pas de TITO! j'été surrr!
    Bref Sympa ce road trip... ne pas savoir de quoi sera fait demain, c'est la base.
    Pour apprécier la ville peut être devriez vous demander conseil à È LIB anais, remember le Néouvielle!!

    Biz à vous et votre bouteille de whisky bande d'ivrognes!

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  4. Lorsque je parcours toutes ces réflexions je redoute votre retour à la vie « normale » … et puis je me dis que non, je me dis que ce sera justement le moteur qui vous fera patienter dans cette vie de tous les jours ; avec pour seul but : retrouver et revivre cette frénésie de découvrir.

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  5. MAGNIFIQUE!! rien a dire juste à regarder et apprécier ces photos!!! MERCI MERCI MERCI!!

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